mardi 30 septembre 2008

Dans l'allée n°23

Un magasin de bricolage, c'est comme un monde parallèle, surtout à Paris.
Alors que les passants ne se risquent pas au croisement de regard intempestif dans la rue ou le métro, ils deviennent très ouverts, et même très bavards quand ils se retrouvent chez brico+; plus d'intimité, on décrit sans complexe son intérieur, la disposition de ses meubles, et même la couleur du bidet de la salle de bain. Les hommes sont de toute évidence dans leur élément, par contre les femmes semblent inexistantes ici; alors qu'habituellement on les siffle, on les dévisage, on se retourne sur leur jupe, ici, elles deviennent invisibles, on ne daigne pas leur adresser la parole, comme si s'adresser à une femme dans un magasin de bricolage était blasphématoire. Sans parler des couples qui, lorsqu'ils sont ensemble dans ledit magasin n'ont plus aucune notion de pudeur "tu fais toujours ça de toute façon, tu ne m'écoutes jamais, on avait dit à la maison que c'est du beige coquille d'oeuf qu'il nous fallait pour l'entrée, parce que ça va avec le tapis vert anis, du coquille d'oeuf et pas du sable, de toute façon tu es bouché !".
Un monde parallèle, où l'on se dit tout sur notre vie, où les femmes peuvent aller et venir en jupe sans encombre, où les couples n'ont pas peur de mentir ... parallèle ou parfait ?

lundi 29 septembre 2008

Place du Tertre. Samedi, 16h.

"On se fait tirer le portrait ?" demande Carole, petite provinciale venue passer le week-end à Paris.
Parce qu'évidemment, lorsque l'on passe 2 jours à Paris, il faut absolument monter sur la butte, se balader place du Tertre, se faire tirer le portrait, et manger une crêpe en redescendant sur Barbès, sinon, on n'aura pas passé un vrai, un authentique week-end à la capitale.
Sauf que sur la butte Montmartre, en montant les 200 marches menant au sacré coeur, on ne trouve pas le vrai parisien, surtout le samedi; non, le parisien pur jus est ailleurs, loin des méandres montmartrois, loin des boutiques-pièges où l'on paye tout 2 fois plus cher qu'ailleurs, loin des pavés et des faux bistrots d'époque; le parisien ne se trouve là que pour faire plaisir à la famille provinciale venue le visiter, mais alors qu'il avance à pas de fourmi sur une place du Tertre noire de monde, alors qu'il pointe du doigt ça et là les lieux insolites du vieux Montmartre, alors qu'il feint l'émerveillement à la vue d'une devanture d'immeuble rose parme, alors qu'il se perd dans les rues à escaliers tellement typiques, le parisien rêve d'un troquet dans le 17ème, d'une table en coin de terrasse où il pourra fumer tranquillement sa brune et boire sereinement sa blonde.

vendredi 26 septembre 2008

Couleur cruelle !

"Elle n'est pas blonde elle est cendrée" commente le coloriste au sujet de mon amie Jo, venue servir de modèle pour une gamme de produits colorants.
Première remarque : être modèle pour un show couleur, c'est cesser d'être une vraie personne pour devenir une troisième personne du singulier, un article indéfini, un nom commun.
Les critiques émises ne sont pas adressées au modèle mais au cobaye. "Ses cheveux ne sont pas fins, ils sont secs, ça n'ira pas, mais pourquoi fait-on cela à ses cheveux ? Il va falloir appliquer le soin rebooster n°14, il n'y a clairement rien d'autre à faire". On observe, on palpe, on discute, mais jamais on ne regarde le modèle dans les yeux, jamais on ne lui demande s'il est d'accord pour se faire tirer le cheveu par 15 professionnels en stage, jamais on ne réalise qu'il pourrait être un espion capable de divulguer les secrets de la corporation crue ici en confiance.
Deuxième remarque : La grande désillusion : être entouré de professionnels de la coiffure en formation, c'est comme participer à une formation de VRP ; et lorsque l'on réalise que nos chers hair dressers ne sont en réalité que de vils marchands qui certes nous conseillent, nous écoutent, nous cajolent, mais qui cherchent surtout à nous vendre soins, services et autres lotions sans penser à nous ménager outre mesure, on se sent trahie, manipulée, désillusionnée ... Et nous qui croyions naïvement que le monde de la beauté n'était certainement pas celui de la cruauté...

jeudi 25 septembre 2008

Merci Goëthe

"Bonchour, allez-y entrez" me lance Goëthe, une finlandaise quadragénaire ayant ouvert une épicerie finlandaise au coeur de la capitale.
Epicerie c'est un euphémisme. La boutique cache mainte trésors en tout genre : ici des manteaux faits de cuirs colorés et cousus main, là des sacs à main fabuleux, derrière un présentoir composé de thé aux fleurs, biscuits faits maison avec des céréales directement importées de scandinavie... J'ai comme l'impression d'être chez le père noël et de boire le thé avec sa chère femme.
Il faut dire que les boutiques manquent tellement de cachet, puisqu'elles proposent toutes les mêmes tuniques/ballerines/ceintures/sacs; d'authenticité, puisque les vendeurs ne sont pas à l'origine de la création du manteau accroché là-bas au fond; de qualité, puisque tout ce qui est acheté ici sera déchiré dans quelques semaines, que pénétrer dans une boutique qui sent bon le pain d'épices et le cuir tanné fait chaud au coeur; voir la petite famille de Goëthe remonter à la maison via l'escalier planté au milieu de la boutique donne presque envie de quitter sur le champ son 2 pièces froid et terne et d'ouvrir soi-même une boutique/maison qui proposerait des articles typiques de ... cela reste juste à définir.

mercredi 24 septembre 2008

Un incident dans la ligne 13

"Il y a souvent des incidents voyageur et des voyageurs malades dans le métro, c'est normal ?" demande Cyril, nouvellement arrivé à Paris.
Ah les voyageurs malades du métropolitain ! Ah les premiers maillons de la chaîne qui mène au blocage instantané de toute la ligne concernée ! Ah la solidarité, quelle belle devise !
Il faut avouer une chose terrible mais vraie : lorsque un pauvre voyageur est victime de nausées dans un wagon, ou qu'une jolie femme enceinte décide d'y accoucher ou encore qu'un triste sir tente de flirter avec les rails, et bien le parisien ne ressent ni chagrin, ni compassion; non, le parisien est seulement très énervé de devoir changer son itinéraire pour rentrer chez lui, le parisien est contrarié à l'idée de rater les 20 premières minutes de son match, le parisien est désespéré à l'idée qu'on puisse investir le métro de cette façon. Il ne comprend pas qu'on puisse décider de finir sa vie ici, ou que l'on ait la présence d'esprit de mettre au monde un chérubin dans les ténéèbres des tunnels raillés.
Le parisien voudrait simplement qu'on le laisse en paix; il se sent acculé par les incidents voyageurs, il voudrait juste pouvoir rentrer, sortir du métro, cesser de courir et enfin se laver les mains.

mardi 23 septembre 2008

Un jean pour l'hiver

"Celui-là il est canon n'est-ce pas ?" demande Julia à sa camarade de shopping.
Le jean. Inventé il y a des lunes, il reste l'accessoire essentiel de tout jeune looké. à chaque saison, de nouvelles couleurs/coupes/tailles/poches, qui remettent au goût du jour le jean vu et revu par toutes les générations de rebels. Sauf que si l'on regarde de plus près ... la mannequin qui porte les 4 modèles de la rentrée chez le créateur incontournable (un pour les filiformes, un pour les rondes, un pour les petites, un pour les musclées) est la même sur chaque photo. Donc pour vendre un jean à des rondes, on le fait porter à une mince, et pour vendre le modèle "petite" on garde ladite jeune femme qui mesure au bas mot 1,75m ... bref.
On dira ce qu'on voudra, reste que le jean conserve sa place d'uniforme n°1 sur toute la planète, il constitue ainsi l'invention la plus géniale et la plus vicieuse du siècle, car tout en voulant se distinguer les uns les autres parceque moi j'en ai un taille haute, c'est plus fashion, les rebels lookés ont au final tous la même allure et cela sans même s'en rendre compte.
Et c'est ainsi que le jean écrasa les barrières sociales et culturelles et permit la construction d'un monde meilleur.

lundi 22 septembre 2008

Urban jungle

« J’ai eu du retard à mon rendez-vous, mais ça c’est à cause du type sur l’escalator, il est resté planté sur sa gauche t’imagines ? » s’exclame Julie, apparemment remontée contre ledit monsieur de l’escalator.
Parce que soyons clairs, quand un parisien est en retard à un rendez vous, ça n’est ni de la faute du réveil matin, ni de celle du métro en grève, et encore moins de la sienne alors qu’il est parti 20 minutes en retard de chez lui. Non non non, à Paris, un retard est dû aux bonshommes qui ont le culot de rester postés à gauche de l’escalator, empêchant ainsi les grognons pressés de filer fiça à leurs obligations.
La jungle urbaine met en place des codes, répertoriés minutieusement par ses habitants. Bien sûr ces codes ne sont pas écrits et édités dans un manuel intitulé « savoir vivre à la ville », mais ils sont bien là, inscrits en lettres de bronze dans le crâne de tout un chacun.
En ville, on sait qu’on ne traverse pas quand le feu est rouge, au risque d’être cruellement écrasé par un bus ; on sait aussi qu’on sort son porte-monnaie avant d’entendre le montant total de ses achats à la caisse du supermarché, sinon gare au lynchage par la file énervée ; on se rappelle toujours que sourire dans le métro est prohibé, au risque de passer pour un dégénéré ; et naturellement, lorsque l’on se trouve sur un escalator, on ne se place jamais à la gauche de son ami pour continuer à papoter, sinon l’on empêche le citadin pressé de grimper les marches électriques à pied et ainsi de pouvoir être à l’heure à son rendez-vous.
Des règles simples, efficaces et faciles à retenir pour éviter à la belle famille venue nous visiter de se faire écraser/lyncher/dévisager/engueuler et de passer un agréable séjour dans la ville la plus belle (et sympathique) du monde.

vendredi 19 septembre 2008

Une soirée à la laverie

"Je crois que je vais avoir besoin de 3 sacs, les draps ne rentrent pas dans le 2ème" lance Emma en remplissant laborieusement ses sacs de linge.
Aller à la laverie ne laisse personne indifférent. Quand l'un sera très excité à l'idée d'enfin remettre le jean imbibé de vodka, souvenir de la dernière soirée arrosée; l'autre sera anéanti à l'idée de ne plus avoir une seule paire de chaussette vivante et fraîche.
Pourtant la laverie, c'est la convivialité, la réunion hebdomadaire de ceux qui malgrè leur travail, malgrè leurs économies, ne peuvent pas s'offrir une machine à laver, de ceux qui disposent des 5€ par semaine pour le lavomatic, mais qui n'ont pas le luxe de pouvoir dépenser 300€ d'un coup pour de l'éléctro-ménager, de ceux qui au final, doivent toujours compter...
Compter les étages de leur immeuble sans ascenseur, compter les jours qu'ils doivent tenir jusqu'à la prochaine paye, compter les litres de lait et d'eau ...
La laverie est comme la vitrine de la précarité, comme une échantillon des populations pauvres, comme un témoignage de la vie difficile, mais parfois, au détour d'une soirée lessive, on peut y entrevoir l'espoir de l'économie d'énergie, du déveoppement durable, de l'avenir qui peut-être, un jour, sera différent.

jeudi 18 septembre 2008

Je paye pour mon triceps

"Je vais à la salle de sport, à plus tard", s'ecrit Damien en quittant la maison familiale.
La salle de sport. Curieux concept. Payer des centaines d'euro mensuels pour faire du sport entouré de dizaines de gens, à l'aide de machines on ne peut moins pratiques, et pour un résultat relativement moyen. On me répondra que non, que la salle de sport permet la motivation par le groupe, de muscler précisément le triceps gauche, souvent lésé par le sport d'équipe, que payer oblige à y aller, que les machines sont hyper-modernes, hyper-élaborées, hyper-efficaces, que depuis qu'on va à la salle on a pris 10 kilos de muscles et on a perdu son ventre, j'en passe et des meilleures ... reste que les exercices des salles de sport ne sont ni plus ni moins que la reproduction en plus compliqué d'une pompe, d'une traction, d'une série d'abdo ... si je fais du vélo à la salle de sport pourquoi ne pas en faire en extérieur et ainsi profiter du vent, du froid, de la météo qui me rappelle à la nature; si je cours sur un tapis à la salle pourquoi ne pas faire de même près ou loin de chez moi, mais en sentant la terre, le gravier, l'herbe ... On m'excusera de ne pas comprendre en quoi la salle de sport permet de faire plus de sport ... S'il faut dépenser sa paye pour bouger, alors que reste-t-il de gratuit ?

mercredi 17 septembre 2008

Fidèle ou infidèle ?

"Vous avez la carte de fidélité du magasin" ? Me demande l'hôte de caisse en mettant mes 2 livres de poches dans un sac en plastique.
Non, je n'ai pas de carte de fidélité. Oui je perds de l'argent, des avantages, des économies en tout genre. Non je ne profite pas des offres spéciales réservées aux détenteurs de la carte. Oui en un sens je me paye plus que ce que je devrais. Puisque c'est bien connu, les cartes de fidélité sont créees, packagées, vendues renouvellées pour permettre aux gentils clients de dépenser moins. Non la carte de fidélité n'est pas une technique marketing pour savoir ce que les clients achètent par âge, sexe, profession, classe sociale, non la carte de fidélité qui nous fait cumuler des point et de l'argent n'est pas faite pour nous faire acheter des produits auxquels on n'aurait jamais pensé, non la carte qu'on passe à la fin de chaque achat n'est pas faite pour nous attacher à ce magasin, et surtout pas un autre.
Non je n'ai pas de carte de fidélité. Il fût un temps où oui, mon chèr portefeuille en contenait une dizaine, et puis à force d'oubli, d'achats non cumulés, de déménagement, j'ai lâchement abandonné la carte magique.
Pour ma défense, je dirais que l'infidélité mercantile me plaît assez, que de rendre jaloux l'un pour allez consulter le catalogue produit de l'autre est assez plaisant, que de jouer avec les nerfs de celui-ci en allant développer mes photos chez celui-là est un jeu amusant, quoique extrêmement dangereux ;
Pardon cher ami, mais j'en aime un autre.

mardi 16 septembre 2008

Folk and gold

Clip : 4 beaux mecs à l'arrière d'une camionnette, guitares à la main, roulant sur un chemin de montagne et chantant gaiement la beauté de la vie ...
Trouver les 7 erreurs.
1 = Je suis fermier, j'ai une camionnette, je vais ravitailler mon troupeau, je n'ai ni le temps, ni la patience pour embarquer 4 chanteurs qui squattent le bords de la route.
2= On ne voit jamais un groupe de folk marcher au bord de la route, et encore moins avec leurs guitares à la main, sur le dos peut-être, mais pas à la main.
3 = On ne peut pas être à l'arrière d'un véhicule sur une route de montagne et jouer de la guitare, en général, on s'accroche aux prises et on essaie de ne pas mourir.
4 = 4 beaux mecs sans une seule groupie qui suit, c'est suspect.
5, 6, 7 faciles à trouver ...
Ok le folk redevient en vogue, ok il rappelle les racines country du rock texan, ok il met tout le monde de bonne humeur, mais si folk rime avec gold rien ne va plus ... Que le roi du r'n'b soit couvert de bling bling oui, que la star de la pop roule en 4X4 de luxe d'accord, mais si le folk devient le filon pour jeunes et jolis garçons qui veulent faire de la monnaie alors c'est la fin des haricots rouges (très folk, surtout mangés dans la boîte de conserve). Soyons cohérents et allons voir les groupes folk dans les petits salles où la seule boisson proposée est la bière dans un gobelet, et où l'âme du folk reste ce qu'elle a toujours été ...

lundi 15 septembre 2008

Ce qui se dit la nuit

"Je rends mon mémoire lundi, mais je n'ai pas écrit une ligne" lance Ben en buvant sa 6ème coupe de champagne.
Le pire au lors d'une soirée trop arrosée, c'est sûrement ceux qui font comme s'ils gardaient le contrôle. Parler boulot, parler sérieusement, juste pour se dire qu'on n'est pas complètement à l'ouest. Essayer de garder la classe tout en dansant debout sur la chaise, avec pour seul allié le mur arrière. Avoir une conversation de grands, parler prêt immobilier, parler carrière professionnelle, parler du futur. Sauf que rapidement, sans qu'on s'en rende compte, les seuls mots qui sortent de la bouche seront "toi aussi je t'aime, t'es trop belle ce soir", "elle est tellement bonne cette soirée", "on est trop forts"... Ivresse totale, Ivresse scandale.
Les photos seront là pour prouver l'ampleur des dégâts, les photos seront bientôt taggées, les photos seront bientôt dossier.
Assumer. Pas d'autre choix. Et puis le lendemain, faire comme si on ne se souvenait de rien, faire comme si les dérapages contrôlés ne l'avait pas été, faire comme si on était fatigué. Se blottir dans un canapé-lit au milieu du salon, regarder 3 films à la suite, se dire qu'on n'est pas les plus à plaindre, manger pour rester éveillé, et surtout, surtout, parler de la soirée de la veille sans révéler les secrets de polichinelles, car c'est bien connu : ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour ...

vendredi 12 septembre 2008

Une expédition au Pont de Courbevoie

20 minutes. 20 minutes de marche, ou 20 minutes d'attente pour que le bus démarre. Pourtant Courbevoie est la ville des Hauts-de-Seine juste derrière Neuilly (ligne 1) et à côté de Levallois (ligne 3). Sauf que Courbevoie a été puni, pas de RER, pas de métro, pas de tram' direct, seulement un train de banlieue et des bus qui, à partir de 21h, partent toutes les 20 minutes. Et pendant qu'on fait mine d'écouter sa chanson favorite du moment et de lire le recueil de nouvelles récemment subtilisé, on rumine, on compte les minutes perdues à attendre, on imagine être allé visiter quelqu'un d'autre, ailleurs, intra muros, ou en trajet direct.
Le pire c'est sûrement qu'on ne s'habitue jamais à cette longueur, à cette attente, à ces retards d'horaires; on ne s'habitue jamais à la perte de temps, on ne se dit jamais que ça sera l'occasion de louer des pavés à la bibliothèque, non, en partie parce que les pavés pèsent trop lourds dans le sac et sont donc intransportables au quotidien. Comment passer le temps ? La musique, on la passe en boucle depuis ce matin; le coup de fil à un ami ? C'est impoli, et on déteste ceux qui font subir leur conversation aux 50 passagers du bus; un bon moyen de passer le temps : faire des listes, des plans, des projets, des comptes, et en haut de la 1ère liste il y aura inscrit en lettres capitales : alternatives au bus.

jeudi 11 septembre 2008

Jamais sans mon livre de visages

Curieuse invention. Pas tout à fait un album photo, pas tout à fait un agenda géant, pas tout à fait une messagerie ... Plutôt un immense espace où plus l'exhibition est grande, plus la popularité augmente. Aussi une excuse pour ne pas travailler, ne pas appeler, ne pas rencarder. "Je t'ai laissé un message sur le livre de visages, j'ai même écrit sur ton mur" et ça suffit pour parler de relation suivie avec un alter. A croire que plus les moyens de communication fleurissent, moins l'échange existe. On entend par échange les discussions interminables à la terrasse d'une brasserie quelconque, les soirées pyjamas et bien sûr, les fast-food partagés sur les bancs des squares désertés. Non, tout ça n'existe plus, a été silencieusement balayé par un commentaire sur une photo, une invitation virtuelle à faire parti d'un groupe comme "j'aime la glace à la fraise, mort à la vanille" ou la participation à un test type "quel chanteur de boys band êtes-vous ?"... et basta, on a communiqué, on est tranquille jusqu'au prochain tag ... Peut-être que cette sphère-là, la sphère virtuelle, permet de mieux apprécier la réelle, d'être plus en phase avec ses "contacts" lors de rencontres fortuites ... mais ça n'a vraiment l'air, puisque la plupart des amis du livre de visage sont de lointains camarades de CP ou des vagues ex-collègues de bureau qu'on ne reverra probablement jamais (si ?)... Et si, pour rendre tout ceci bien réel, on aurait l'obligation, à chaque nouvel ami ajouter à sa liste, de prévoir un rendez-vous de chair et d'os juste histoire de mettre des voix sur des visages ?

mercredi 10 septembre 2008

Où est passé l'indien ?

Il doit y avoir une erreur sur la saison. Nous sommes début septembre, la saison de l'été indien, celui que tous les parisiens attendent avec impatience depuis le 21 juin, après 2 mois de météo anglaise, et dehors, il pleut, il fait gris, il fait frais; dehors on sort en imper', en chaussures fermées, et on garde un parapluie dans le sac au cas où; dehors, on entend le tonnerre en fin de journée et on sent la pluie à longueur de temps, dehors c'est l'automne qui arrive, 3 semaines avant terme ... Pourquoi ne pas suivre Benjamin, parti il y a un an en Polynésie ? à l'entendre, il va à merveille, à croire que le décor, le temps, et la température sont des éléments essentiels de la félicité. Oui mais on est attachés à notre capitale, à ses caprices, à ses odeurs, à ses malices ... elle nous désespère et nous rend heureux la seconde d'après, si bien qu'on ne lui en veut jamais. Quand on veut quitter Paris, il faut toujours s'y prendre 2 ou 3 jours à l'avance, pour se préparer psychologiquement, et ailleurs, on en parle sans cesse, on répond aux questions de ceux qui ne la connaisse pas et qui sont fascinés par elle.
Bon en, Mal en, on l'aime la parisienne.

mardi 9 septembre 2008

2h, sur les quais de Seine.

"Tu vois c'est pareil qu'un pub, sauf que là tu bois tant que tu veux, et en plus t'es dans la nature".
Au départ, quand le petit cousin de 20 ans nous propose de le suivre sur les quais de Seine pour "boire, jouer de la gratte, et s'marrer", on accepte, certes quelque peu sceptique, mais en se disant que se replonger de temps en temps dans ses 20 ans pourra être drôle ...
On enfile des baskets, un sweat et un bonnet, on passe acheter une bouteille de mauvais rosé à l'épicerie de nuit, et on file rejoindre le groupe de jeunes chevelus.
Arrivée. Il fait froid, l'ambiance laisse à désirer mais ne soyons pas mauvaise langue, attrapons le vélo de Gaston et faisons un tour dans la "nature" et par nature nous entendons du gazon et quelques arbres parfaitement alignés.
1h. Les guitares commencent à chauffer, l'ambiance traverse le groupe, on boit au goulot et on rit aux éclats, le ton de la soirée est donné.
2h. Difficile de dire si les garçons sont complètement éméchés ou carrément fatigués, mais l'ambiance est retombée, on va peut-être penser à rentrer.
"C'est pareil qu'un pub" n'abusons pas. C'est sympa, une peu baba cool sur les bords, mais ça manque clairement de confort et de chauffage, mais à chaque âge ses charmes n'est-ce pas ?

lundi 8 septembre 2008

Du monde dans le bus ?

" Le gars voulait que je m'accroche au harnais en suspension pour gagner de la place, il est pas fou ? " se moque Aline, parisienne stressée adepte du bus 69 alias la boîte à sardines géante.
Parce qu'il faut savoir que dans le bus, il n'est pas envisageable de s'accrocher bras levé au fameux harnais et ce pour 2 raisons principales ; la première étant l'excès de transpiration provoquant maudites auréoles et odeur piquante, la deuxième étant liée à la superbe veste que l'on vient de s'offrir, évidemment trop cintrée pour pouvoir lever les bras plus haut que 20 cm.
Et pendant qu'on lutte pour respirer/rester debout/survivre, une charmante dame entre à son tour dans le véhicule avec à la main un hamburger au bacon englouti tristement entre 2 arrêts, et pour ne rien rajouter à la peine, ladite lady exige de son voisin qu'il ouvre la fenêtre afin de "faire circuler l'air frais".
A chaque arrêt, pour 4 personnes sortantes, une dizaine entre sans concessions, peur ou reproches, en s'exclamant, avec le soutien du conducteur, "poussez vous au fooond !!!".
Arrivés à Bastille, le trajet devient insoutenable, finissons à pied, et achetons nous un vélo.

vendredi 5 septembre 2008

Paris si la monnaie !

"J'ai décidé de voyager en 2009, alors j'arrête de sortir le week-end, boire ou partir, il faut choisir"
"Sage décision. Mais en attendant le tour du monde, comment vas-tu gérer le cocooning parisien en mode céréales fourrées et jus multivitamines ?"
Vivre à Paris c'est comme experimenter chaque jour le choix de Sophie, la tragédie historique en moins. Choisir entre le resto ou la jupe taille haute; entre le brunch du dimanche ou le cinéma; entre les cours de danse ou de cuisine; les meubles ou le loyer, bref, la vie citadine nous transforme en boule magique servant à donner des réponses même sans question aucune.
"Oui, non, pourquoi pas, repenses-y demain".
Bientôt, à force de peser le pour et le contre, on ressemblera aux chiens des banquettes arrières, à agiter la tête en signe de reflexion continue. Choisir c'est renoncer, choisir c'est laisser de côté une partie de nous ... choisir c'est mourir un peu non ? Seule solution pour cesser de pivoter le crâne de droite à gauche : prendre un ton et s'y tenir : en 2009 je compte, en 2009 je voyage, en 2009 je déménage.

jeudi 4 septembre 2008

Diplôme : bac + 5, statut : intérimaire

"Ils m'ont repris en contrat interimaire, ça leur permet de me confier les mêmes tâches que lorsque j'étais stagiaire, sauf que maintenant ils peuvent renouveller les missions à l'infini" dixit Nicolas, diplômé bac + 5 et stagiaire depuis bientôt 2 ans au sein de ladite société.
En fait une fois le sacre saint baccalauréat en poche, tout va tellement vite, entre le bac + 2, le choix de spécialisation et le mémoire de fin d'études, que l'étudiant tout juste sorti de stage croit que ce qui suit ira à la même vitesse ... CDI, achat immobilier, carrière d'enfer et imposition à 40%... et lorsque après des mois de recherches forennées, l'ancienne société rappelle le jeune vaillant, elle lui propose un statut intérimaire ! En même temps l'avantage de la mission intérim, c'est qu'elle permet, à défaut de ne jamais pouvoir contracter ni crédit ni même bail de location quelconque, de se sentir libre et complètement mobile, si bien que le jeune actif ne se contente plus de son train-train métro boulot dodo, non non non, désormais il cherche sans cesse quelle va être sa prochaine mission, son prochain patron, sa prochaine destination ... Qu'elle est belle la vie de bohème !

mercredi 3 septembre 2008

Bonjour 4 chemins

Changement à Stalingrad -10 minutes- puis ligne 7, direction la courneuve, arrêt 4 chemins.
Pas de panique.
Lorsque une amie vient d'acheter un bien immobilier non loin de la porte de la Villette, on est d'abord clairement sceptique à l'idée d'aller passer la soirée là-bas. 4 chemins ? Bonne Chance ! s'exclament les compères méfiants, non mécontents d'ajouter leur patte aux clichés revus et corrigés par le tout Paris intra muros. Advienne que pourra, allons-y.
C'est à peine arrivée que tout les a priori s'effrondrent : du monde, de la vie, des sourires. Sûrement que l'endroit ne doit pas être le même à 2h du matin, mais ni plus ni moins que la rue du Cherche-midi (6ème) passée minuit... Et notons qu'ici, acquerir un loft à moins de trente ans et sans mise de départ est envisageable ... de quoi s'interroger sur les dires des envieux à propos des quartiers soi-disant non frequentables du proche Paris ...

mardi 2 septembre 2008

16h. Rue Oberkampf.

On dit que les 2 choses que les clients retiennent dans un troquet sont le bar et les toilettes.
J'ai 20 minutes d'avance à mon rendez vous de 16h30, soif, et une légère envie de ******. Pourquoi donc continue-je à partir une heure à l'avance pour un trajet de 20 stations de métro ? Un parisien sait pourtant bien que le voyage ne durera que 40 minutes, diantre ! Obligée, contrainte et forcée de soulager mes 2 envies, je décide à contre coeur d'entrer dans le premier bar à vue. Leçon à retenir : ne jamais au grand jamais entrer pressée dans un bar quelconque car cela pose 2 problèmes -et non des moindres- : celui de l'obligation de consommer, et celui (le pire) de l'obligation de ******.
Commençons par utiliser les toilettes, toilettes qui biensûr ne ferment pas, et qui, évidemment, sont infestées de minuscules mouches (moucherons ?) volant autour du postérieur sans défense qui ne demande qu'à rentrer dans son chèr pantalon. L'affaire terminée, les mains ne cherchent qu'une chose : le savon, qui n'est plus, pour le coup nous aurions dû le prévoir.
Finissons-en. Commandons une eau gazeuse et fermons les yeux sur l'individu au teint écarlate nous fixant du bar, et semblant penser "si j'avais su, j'aurais mis des chaussettes".
Allons nous intaller en "terrasse", buvons notre verre, et partons chez ce satané kiné qui aura plus qu'un genou à détendre.

lundi 1 septembre 2008

Un nouveau sac ... pour la rentrée

"Le même que Johanna, mais en bleu marine". Non, le sac de l'an dernier n'est ni troué ni déchiré, non c'est juste pour faire plaisir, juste pour marquer le coup de la rentrée de Septembre, juste pour que la fin des vacances soit plus facile à digérer, juste pour faire durer le bronzage ... et pendant ce temps, nos placards se remplissent de vieux sacs neufs et à leurs côtés, bien rangées dans leurs boîtes, les paires de chaussures en cuir payées par mamie pour être beau à l'école, au bureau, en rendez-vous, et qui, bien évidemment, sont à 1001 lieues de la mode des 10 dernières années ... Conséquence logique, on file vite au magasin d'ameublement pour se procurer étagères, armoires archi pratiques, malles et cubes de rangement. Retrouver à tout prix la place perdue à cause de tous ces sacs de rentrée achetés et rangés dans la foulée. En fait, la floraison des magasins de meubles et de déco peut s'expliquer par notre tendance quasi pathologique à devoir absolument -sous peine de rater complétement l'année qui recommence- s'offrir à chaque rentrée sacs, tenues, chaussures, et fournitures en tout genre... La seule question qui restera en suspens : lequel du sac à dos ou de l'armoire est arrivé en premier ?