"Je crois que je vais avoir besoin de 3 sacs, les draps ne rentrent pas dans le 2ème" lance Emma en remplissant laborieusement ses sacs de linge.
Aller à la laverie ne laisse personne indifférent. Quand l'un sera très excité à l'idée d'enfin remettre le jean imbibé de vodka, souvenir de la dernière soirée arrosée; l'autre sera anéanti à l'idée de ne plus avoir une seule paire de chaussette vivante et fraîche.
Pourtant la laverie, c'est la convivialité, la réunion hebdomadaire de ceux qui malgrè leur travail, malgrè leurs économies, ne peuvent pas s'offrir une machine à laver, de ceux qui disposent des 5€ par semaine pour le lavomatic, mais qui n'ont pas le luxe de pouvoir dépenser 300€ d'un coup pour de l'éléctro-ménager, de ceux qui au final, doivent toujours compter...
Compter les étages de leur immeuble sans ascenseur, compter les jours qu'ils doivent tenir jusqu'à la prochaine paye, compter les litres de lait et d'eau ...
La laverie est comme la vitrine de la précarité, comme une échantillon des populations pauvres, comme un témoignage de la vie difficile, mais parfois, au détour d'une soirée lessive, on peut y entrevoir l'espoir de l'économie d'énergie, du déveoppement durable, de l'avenir qui peut-être, un jour, sera différent.
