« J’ai eu du retard à mon rendez-vous, mais ça c’est à cause du type sur l’escalator, il est resté planté sur sa gauche t’imagines ? » s’exclame Julie, apparemment remontée contre ledit monsieur de l’escalator.
Parce que soyons clairs, quand un parisien est en retard à un rendez vous, ça n’est ni de la faute du réveil matin, ni de celle du métro en grève, et encore moins de la sienne alors qu’il est parti 20 minutes en retard de chez lui. Non non non, à Paris, un retard est dû aux bonshommes qui ont le culot de rester postés à gauche de l’escalator, empêchant ainsi les grognons pressés de filer fiça à leurs obligations.
La jungle urbaine met en place des codes, répertoriés minutieusement par ses habitants. Bien sûr ces codes ne sont pas écrits et édités dans un manuel intitulé « savoir vivre à la ville », mais ils sont bien là, inscrits en lettres de bronze dans le crâne de tout un chacun.
En ville, on sait qu’on ne traverse pas quand le feu est rouge, au risque d’être cruellement écrasé par un bus ; on sait aussi qu’on sort son porte-monnaie avant d’entendre le montant total de ses achats à la caisse du supermarché, sinon gare au lynchage par la file énervée ; on se rappelle toujours que sourire dans le métro est prohibé, au risque de passer pour un dégénéré ; et naturellement, lorsque l’on se trouve sur un escalator, on ne se place jamais à la gauche de son ami pour continuer à papoter, sinon l’on empêche le citadin pressé de grimper les marches électriques à pied et ainsi de pouvoir être à l’heure à son rendez-vous.
Des règles simples, efficaces et faciles à retenir pour éviter à la belle famille venue nous visiter de se faire écraser/lyncher/dévisager/engueuler et de passer un agréable séjour dans la ville la plus belle (et sympathique) du monde.
