Un rien suffit pour métamorphoser un triste trajet en métro, pour rendre l'attente d'un RER quasi magique, pour adorer marcher sous la pluie, ou pour aimer les embouteillages de 19h : un casque, une chanson, et de faux instruments pour battre la mesure.
"Quand cette musique arrive dans ma playlist, c'est comme si je devenais le personnage principal d'un film noir, ou la star d'un clip".
Des bass, une mélodie à la guitare, une voix rauque, un cri de bête, et plus rien ne compte, seulement ce moment à part, comme si on sortait de la foule, comme si on s'élevait un peu plus haut, comme si tout était différent au son de ces notes-là.
Et en traversant la ville sous la terre, en changeant de métro, en traversant l'affluence, on se sent tout à coup plus fort, plus libre; plus rien ne nous contrarie, pas même cet homme qui marche trop lentement, pas même cette dame assise alors que le wagon va éclater, pas même la dispute avec le patron, pas même l'accrochage avec ce chauffard.
Peut-être que si les chanteurs de rue étaient plus nombreux la ville prendrait une autre dimension; peut-être qu'une ville musicale changerait l'atmosphère, peut-être que si à chaque coin de rue on entendait un djembé on deviendrait plus aimable...
Plus de musique, mais une condition : pas d'accordéon.
