Samedi soir, 21h30. Avenue de Clichy. Un pub aux prix raisonnables (le soda à moins de 4€, c’est fou non ?). Une table en terrasse, 6 fourchiens * boivent l’apéro en rentrant du boulot.
- « Et toi tu habites où ?»
- « Juste à côté, rue Legendre »
- « Avec Aline ? »
- « Oui, et Sofia, elles habitent à la maison pour un moment »
- « Ah d’accord, il fait combien ton appart’ ? »
- « 35m2, mais il est très bien aménagé, on peut même y dormir à 4 à l’aise »
- « Je vois, nous on est 4 dans 39 m2, avec un chien en prime »
- « En même temps plus on est de fous… »
- « C’est sûr, c’est les plus belles années »
Et soulignons que la vie à 3-4 dans 25 ou 30m2 n’est pas rare à la capitale. Entre le copain venu faire un stage pour 1 mois, la copine qui vient d’arriver et qui n’a pas trouvé d’appart, ou celle qui ne savait pas que Neuilly Plaisance était aussi loin de son travail, on arrive vite à un groupe de rock partageant un studio au 4ème étage.
Vivre à plusieurs sans chambre séparées, c’est un bon moyen de savoir si 1/ on est capable de prendre sur soi lorsque, après avoir nettoyé la salle de bain toute la matinée, Josiane se coupe la frange devant le miroir, tapissant ainsi les carreaux blancs de somptueuses chutes de cheveux noires ébène. 2/ on supporte les convulsions et autres cris nocturnes de nos compagnons de sommeil 3/ on parvient à manger autre chose que des pâtes au beurre pendant la période de vie commune.
En fait on pourrait croire que ce genre de situation est ennuyante, parce qu’un tel n’a pas la même notion de l’espace que l’autre et que Louisa ne fait jamais la vaisselle alors que Georges vide le frigo en quelques heures… mais non. La vie à plusieurs reste un bon moyen de sortir de son confort pour retrouver des parties de rigolade oubliées depuis l’internat…
Bref, au-delà d’un petit chez soi, par delà un grand chez les autres, vivons dans un petit chez moi avec plein d’autres.
* parisiens vivant à La Fourche
Nausicaa Ferro.
