6h du matin. Enfin rentrée. Après la marche difficile dans les pavés de la vieille ville, perchée sur de trop hauts talons; après le 1er métro quasi-vide qui s'éloigne sans bruit dans les longs tunnels de la cité; après s'être difficilement déshabillée, démaquillée, désapprêté; après s'être remémoré les instants clef de cette si bonne soirée; après avoir déssaoulé; vient le temps du petit déjeuner.
Prolonger ce moment de vertige encore humide d'alcool, rester quelques minutes de plus oiseau de nuit pour retarder le moment de rentrer au nid.
"Il n'y a rien de mieux qu'un petit déjeuner hors horaires". On a comme l'impression d'être privilégié; et au moment de tartiner la brioche de confiture, on sait que ce moment sera à part, volé aux autres, à ceux qui dorment déjà depuis des heures et qui demain se lèveront tôt pour aller au marché.
Une théière, quelques viennoiseries, un peu de sucre, et voici devant nos yeux ébaillis ce qui semblait manquer depuis la sortie de club : du réconfort, de la chaleur, et un pyjama.
