En tant que parisien, on se sent de temps en temps obligé d’aller à l’expo courue par le tout Paris qui se cultive. Cette fois c’est la bonne, on se lève, on se prépare, et on rejoint les amis à la sortie du métro Champs-Elysées pour aller voir la dernière expo du grand palais, celle qui fait du buzz depuis 3 semaines « une première interplanétaire, certains viennent de Moscou pour la voir ! ».
On se place en bout de queue et lorsqu’on arrive à mi parcours, un vigil nous annonce qu’on n’attend pas pour la bonne expo, notre file à nous est derrière le palais « là-bas, c’est indiqué ». On se dirige, vite (comme si ça nous ferait entrer plus rapidement) et bien sûr on arrive devant une file longue de 2h30. Restons zen. Il est pile l’heure de manger alors allons nous ravitailler dans la buvette du métro, on est en ensemble, alors même si on avance d’un mètre toutes les 20 minutes, tout va bien.
Parvenus à entrer dans le palais (il est 16h30), nous pénétrons enfin dans la première salle d’expo. Même si on se bouscule, même si la dame ici s’est postée devant nous sans complexes, même si les enfants des uns et des autres courent et crient à travers la pièce, l’expo est magique. Nous voilà projetés deux heures durant dans l’Univers de Pablo, lui qu’on connaissait si mal parce que justement, on ne va jamais voir d’expo. Deuxième, troisième, quatrième salle, on descend maintenant l'escalier qui nous mène vers les trois dernières cavernes au trésor ... On passe deux heures à flotter dans un univers poignant, entraînant, amusant. Deux heures de flottement dans la cohue des dimanches parisiens, deux heures de calme et de finesse.
Même arrivés à la boutique, notre pas ne s’est pas ralenti, quelle bonheur de marcher lentement, de revenir en arrière, de faire des gauches droite-droite gauche, de prendre le temps…
C’est promis, à partir d’aujourd’hui, on se cultive tous les dimanches !
Nausicaa Ferro.
