jeudi 27 novembre 2008

Le dernier RER

Minuit vingt-quatre. Onze minutes d’attente pour le prochain métro. Il ne sera pas à Auber à temps pour le dernier RER A. Je le savais qu’il fallait décoller à minuit et pas à minuit dix. Misère. Tout ça pour finir le jeu du post-it, et maintenant le petit cousin ne sait pas comment rentrer.

Le taxi jusqu’à Neuilly Plaisance ça va faire cher.
Essayons.
Minuit quarante-trois à Auber, on court, on saute, on sue, mais on arrive trop tard.
Le dernier RER est passé à minuit quarante-deux.

Minuit quarante-deux. L’heure à laquelle le trafic s’arrête en direction de Marne la Vallée. Minuit quarante-deux, juste après le deuxième film des chaines hertziennes, juste avant les rediffusions des séries B françaises des années quatre-vingt-dix sur le câble.
Minuit quarante-deux. L’heure à laquelle ailleurs, on se prépare à monter dans la voiture de sport pour aller crâner sur le dance floor.
Minuit quarante-deux. L’heure à laquelle un groupe de cinq jeunes cons est coincé à Opéra, en se demandant quelle serait la meilleure solution pour celui qui vient de louper son RER.

Dormir chez les potes, et aller en cours demain les mains dans les poches, sans feuille, sans stylo, avec une gueule de bois et une haleine pas très fraiche.

Vive les transports en commun vous dis-je !

Nausicaa Ferro.

mercredi 26 novembre 2008

Les gentils usagers du métro

19h. métro La Fourche. Je passe le tourniquet, ce cher ami qui quand il se bloque nous brise les hanches, et me dirige vers le quai pour attraper mon métro, trois minutes d’attente. C’est alors qu’un individu de sexe masculin me coupe la route sèchement, et lorsque dans un soupir, je lui fais savoir mon mécontentement, voilà qu’il se met à hurler dans toute la station « connaasse », accent parigot bien appuyé et glavios quasi crachés.
Ne pas répondre, ne pas se retourner, on ne sait jamais sur qui on peut tomber ….

Je descends tant bien que mal les escaliers pour accéder au quai, quand j’entends derrière moi « connaasse ! » suivi d’un poétique « gros cuuul ».
Ne pas se retourner, atteindre le bout du quai et feindre l’indifférence. Arrivée à bon port, je décide de tourner la tête à gauche pour scruter mon agresseur poète et lui lancer un regard condescendant au possible, il faut tout de même qu’il sache à qui il a à faire non ?

Une rotation de 30 degrés sur la gauche me permet d’apercevoir ce petit homme tenant dans ses petites mains des planches de bois achetées au magasin de bricolage. C’est typiquement dans ce genre de moments qu’on se dit « heureusement que je n’ai rien tenté, qui sait ce qu’il aurait pu faire avec ses maudites étagères de fortune ».

Le wagon arrive. Il est bondé. Eviter la tourmente, et attendre le prochain.

Nausicaa Ferro.

mardi 25 novembre 2008

Un contre neuf

Minuit trente. Vendredi soir. Yann nous appelle pour le rejoindre « à une soirée d’anniversaire hyper sympa, pas loin de chez vous ! » (avec une voix cassée typique de celles qui ont trop bu).
Sortons de la couette, enfilons un pantalon et rejoignons Yann.
Grands boulevards. Une rue étroite. Un bar planqué. Dehors, du monde qui gueulent et des videurs qui gueulent après le monde pour que le monde arrête de gueuler.
On entre après s’être fait tamponné le nom de la boite sur la main. A l’intérieur, de la chaleur humaine qui tranche avec le froid extérieur, peut-être un peu trop de chaleur humaine. Le bar n’est pas bondé il déborde. Les gens sont partout, sur la piste, les podiums, sur le bar, dans les passages, dans les coins, partout.
En avançant de quelques pas, je me rends compte peu à peu que je suis épiée, scrutée, par tous les mâles peuplant ce lieu charmant. Non pas que je sois la plus jolie fille de la soirée, mais apparemment je fais partie des rares filles présentes ce soir, et cette prise de conscience ne me rassure pas. Tout à coup voilà que trois charmants garçons alcoolisés s’avachissent sur mes épaules en me demandant si je peux les escorter jusqu’à leur monture. A peine ai-je réussi à m’en dépêtrer que deux autres me prennent à témoin de leur embrouille, ayant pour sujet l’identité du gars au bar commandant des pintes « mais c’est le mec qui présente la météo je te dis !! ».
Je sors, je vais prendre l’air, quand un videur m’attrape le bras et hurle « si tu ne fumes pas tu ne sors pas ». Voilà autre chose, il faut que j’ailler taxer une clope à la fille à côté de moi, qui n’a pas non plus l’air au mieux de sa forme.
Maintenant un groupe de mecs commence à s’échauffer avec le physio et la soirée prend une tournure catastrophique.
Allons récupérer les manteaux et se faire un cheeseburger au resto ouvert toute la nuit, c’est plus prudent.

Nausicaa Ferro.

lundi 24 novembre 2008

Une chaîne jeunesse avant noël

Samedi après midi. 16h. les enfants mangent leurs tartines et dans un élan de spontanéité je leur allume la télé … un petit dessin animé ne leur fera sûrement pas de mal. Ai-je vu juste ? Je ne crois pas. Avant, pendant, après le dessin animé ça n’est pas des pages mais des bottins de publicité qui s’imposent à mes yeux ébahis. La dinette comme les grands pour les petits, la ville à construire soi-même, le jeux vidéo de foot, la panoplie de pompier pour faire sensation lors des après-midi déguisées … autant de jouets que de gamins et autant de publicités que de minutes de dessin animés, si ce n’est plus … les enfants eux, regardent toutes les réclames avec une attention qu’ils n’ont sûrement pas quand ils apprennent leur poésie… leurs pupilles grandes ouvertes et la bave qui sort de leur petites bouches m’affole. Que faire ? Recentrer leur attention sur autres chose, vite, quelque chose d’aussi ludique que les pubs pour leurs futurs jouets sans leur faire sentir que je suis la vilaine nounou qui leur vole leur liste de noël … tiens, voilà une idée.

- « Les enfants, allez dans la chambre, prenez le catalogue de jouet, et écrivez votre liste pour le père noël »
- « Mais on a déjà entouré ce qu’on voulait »
- « Oui mais le père noël ne voudra pas d’un catalogue avec des références entourées, alors écrivez sur une liste les 10 jouets que vous voudriez pour Noël et décorez la liste avec de jolis dessins »
- « D’accooooord !!! »

Génial, leurs regards redeviennent doux et enfantins, ils sont à l’abri pour quelques heures, mais restons près de la télécommande, on ne sait jamais sur quoi elle peut zapper.

Nausicaa Ferro.

vendredi 21 novembre 2008

L'homme au comptoir

En descendant l’avenue de Saint Ouen en fin d’après-midi, voilà que je passe devant une boutique que jusque là je n’avais guère remarqué… cette fois l’homme assis au fond du magasin, tranquille, impassible, attire mon regard et ma marche devient plus lente tout à coup … une devanture neutre, de petite taille, coincée, presque écrasée entre un garage et un salon de coiffure ; pas d'enseigne. Un magasin de disques non-franchisé.
On n'a plus l’habitude des magasins indépendants et quelque chose me pousse à entrer dans cette boutique au parfum poussiéreux d’authenticité.
Un magasin de disques qui survit malgré les géants du matériel hifi/librairie/discothèque/vidéothèque, malgré les téléchargements et autres écoutes en ligne, malgré les blocs Buster et les critiques de ses compères … il est là, en plein cœur de La Fourche, dans une salle de 12m2, assis près de la caisse, près à s’adresser à nous.

- « Le live de Led Zepplin à Rotterdam, vous l’avez ? »
- « Il m’en reste un je crois »
- « Et le 33 de Gainsbourg, l’Homme à tête de chou ? »
- « Je dois en avoir quelque part »

Cet homme là est à lui tout seul les légendes musicales de ces 30 dernières années, alors mieux vaut pousser la porte.

jeudi 20 novembre 2008

Ben fête ses 5 ans

Aujourd’hui j’amène la petite cousine au goûter d’anniversaire de Ben, son camarade d’école qui fête ses 5 ans avec 9 de ses copains. Au menu, quatre quarts, chocolat, bonbons, jus de fruits et café pour les grands.

Je m’assieds à la table des parents, en bonne nounou dévouée, acceptes la tasse de café amer qu’on me tend, et reste quelques minutes, juste le temps d’écouter madame Maman de 5 enfants parler de sa progéniture avec une fierté et un détachement typique de ceux qu’ont les adultes qui ont oublié qu’à une époque, ils furent eux aussi des enfants. Ils parlent des moins de 18 ans, en disant « ils » et racontent leurs coups en essayant de théoriser chacun de leurs faits et gestes « Oui, 15 ans c’est évident qu’ils piquent dans les portefeuilles, ils veulent mettre les parents à l’épreuve, il suffit de bien planquer les sacs ».

C’est fou comme on oublie vite qu’on a été à leur place à ses petits qui jouent avec leurs ballons gonflables. Nous aussi on est passé par la case « le CE1 c’est plus dur que le CP, tu fais tes devoirs tous les soirs ? ». À l’époque on languissait de grandir, de savoir enfin ce qui se cachait derrière les éternels « tu sauras quand tu seras plus grande ». Maintenant on est grand et on sait … le secret de polichinelle ne valait sûrement pas tout ce tintouin, il aurait été bien plus simple de nous dire « profites, apprends tes poésies, joue au foot pendant les récrés, joue au docteur avec Gilles, et rappelles toi que chaque âge ses charmes, le mien n’est pas meilleur que le tien ».

Les adultes sont trop sérieux quand ils s’y mettent. Ils jouent trop aux personnages de série B. Ils mettent des vestes avec des broches, du rouge à lèvres et d’un coup passent de l’autre côté de la barrière, le côté où il semble ne plus y avoir de rire, de rêve ni de sucre… Ce qui serait marrant aux goûter d’anniversaire, c’est que les parents se mettent à jouer avec les enfants, un tour au pays des poupées ça ne peut pas faire de mal.

Nausicaa Ferro.

mercredi 19 novembre 2008

Le diner entre amis

Soir de semaine. 19h. Rayon vin du supermarché de la rue d’à côté, on a rendez vous à 20h30 à neuf stations de métro + un changement chez un ami pour diner …
Le fameux diner entre amis, celui qu’on regardait de loin du temps des parents, celui qu’on languissait du temps du grand cousin, celui qu’on observait du temps de la grande sœur… et c’est notre tour, maintenant qu’on est grand, qu’on a réussi a signé le bail d’un appartement, et qu’on sait cuisiner autre chose que des œufs brouillés, on invite nos amis à diner.

Par plaisir c’est sur, mais aussi par commodité parce que, disons le clairement, on n’a pas les moyens de sortir au restaurant vu le prix de nos loyers et le montant de nos payes.
Le diner entre amis est donc convivial, sympa et résolument raisonnable ; et l’avantage majeur du choix du diner entre amis à la maison, est qu’on peut décemment demander à chacun de ramener une bouteille, ce qui veut dire pouvoir boire sans limites en se donnant l’excuse bien rodée du vin à table.

Quelques recettes de cuisines ressorties des placards de la grand-mère, une musique d’ambiance, et c’est parti pour trois heures de rires ponctués ça et là par l’entrée froide, le plat trop cuit, le dessert décongelé et bien sûr, les jeux grotesques qu’on invente sur le tas pour éviter de se tourner les pouces et de se regarder trop longtemps dans le blanc de l’œil.

« Non vraiment Nico, ta cuisse de poulet aux épices était fameuse, et je ne te parle pas de ta fondue de poireaux… et il faudra que tu me donne ta recette du mille feuille poire chocolat »

Il va falloir rivaliser la semaine prochaine, mais j’ai ma petite idée qui en épatera plus d’un … je lance les invitations.

Nausicaa Ferro.

mardi 18 novembre 2008

Une virée, du côté de la Belgique

Week-end prolongé. Il faut partir, quitter notre capitale et rouler vers le nord.
Ce nord pluvieux mais heureux qu’on oublie trop souvent.
200 kilomètres. Arrivés en Belgique, mais pris d’un regain de motivation, nous décidons de continuer notre route vers la prochaine frontière, celle des tulipes, des moulins, des waffels, et des coffee shop…
10h. Arrivée à Amsterdam. Un sourire ne nous quitte pas, comme si changer de pays nous redonnait envie de flâner et de d’attraper l’innocence perdue dans les méandres de notre capitale à nous …
Petit-déjeunons une gigantesque crêpe hollandaise au sirop d’érable, amusons nous à revoir notre anglais qu’on croyait courant, et aventurons nous dans les rayons des magasins de souvenirs que curieusement, ici, on réapprend à visiter "oh le joli briquet, oh la jolie tasse, oh le merveilleux aimant!".
Déposons maintenant nos bagages dans ce bed&breakfast, alias une chambre chez l’habitant quelque peu désuète mais tout à fait convenable… en vacances tout paraît merveilleux et local, même les rideaux jaunâtres tachés de nicotine…
18h. L’heure de l’apéro qui nous permettra de redescendre tranquillement vers le calme et la volupté d’une ville trop peu complimentée… dirigeons nous ensuite vers un steak house pour savourer une pièce de bœuf de 450grammes accompagnée de pain payant et rappelons nous que quand c’est trop, ça n’est jamais trop…
23h. Allons visiter le musée du sexe, sur la grande rue principale… on a oublié les musées Rembrandt et autres fondateurs de l’histoire de l’art car ce week-end on ne réfléchit pas, on marche, on rêve, on goûte, mais on ne réfléchit pas, promis.


Nausicaa Ferro.

lundi 17 novembre 2008

Une grève à 21h ?

21h15. Gare Saint Lazare. Je cours pour arriver jusqu’aux trains de banlieue, et c’est arrivée devant les tableaux d’affichages que je les vois. Eux, les parisiens énervés, attentifs, endormis, coléreux, qui attendent agglutinés les uns contre les autres que le quai de leur train s’affiche enfin. Ce soir, c’est un train toutes les 20 minutes.

Pendant une grève, les citadins oublient les conduites à emprunter en société ; toutes ces règles de savoir vivre qu’ils appliquent depuis 20 ans leur sortent de la tête, tout d’un coup, dès qu’ils ont un train à attendre.

Par exemple, là où depuis toujours on nous apprend à ne pas manger debout/ accroupi/vite/avec les mains/, durant une grève, il n’est pas rare de voir de beaux messieurs en costume engloutir sans pitié deux hamburgers, une grosse frite et un litre de soda, assis tels des poulets sur les marches sales d’un escalier abandonné non loin des quais … appétissant.

Pareillement, alors qu’on apprend à dormir dans un lit, le plus souvent recouvert d’une couverture, en attendant que le train démarre, cette dame ronfle paisiblement dans son lit de fortune, alias le siège du wagon n°3, avec pour seul commodité son sac de courses enroulé en guise d’oreiller … charmant.

De même, on sait qu’il ne faut pas bousculer son prochain ou passer brusquement devant une lady, même lorsqu’on est pressé. Vaille que vaille, dès que le quai du train s’affiche sur les majestueux tableaux robotisés, la masse de voyageurs en commun s’affole, oubliant les règles de bases du savoir-se-conduire-en-public …

Et moi, tout ce que je sais, c’est que je sors mon crayon noir pour me remaquiller…

Nausicaa Ferro.

vendredi 7 novembre 2008

Un Noël au grand magazin ...

C’est chaque année au mois de novembre qu’on commence à illuminer les rues ternes du vieux Paris qui se pèle … lumières, guirlandes, vitrines et surtout, sapin.
Chaque boutique a droit à son sapin de Noël, et le plus connu se trouve dans le neuvième, au beau milieu d’un bien grand magasin… allons admirer l’œuvre de cette année.

C’est stupéfaite qu’arrivée au deuxième étage de la galerie marchande je réalise l’anomalie qui va coûter très cher à la réputation classe, chic et very parisian du géant de la mode … un sapin qui démarre bien, qui trône magistralement au rez-de-chaussée, premier étage, mais qui, une fois le deuxième atteint, part légèrement en fusée trop étroite … un sapin mutant ? Un paysagiste blagueur ? Un régisseur endormi ? D’où vient le problème ? On ne sait, mais le problème est là et bien là, il siège sous la splendide coupole, comme un pied de nez à toute la logistique mise en place par les équipes marketing de la chaine française. Un sapin difforme, un sapin imparfait … un sapin qui nous fait rire, mais qui doit en faire pleurer plus d’un.

A côté de moi, un petit garçon demande à son père « comment ils font pour faire rentrer le grand sapin dans le magasin, la porte est si petite » … « et bien tu vois fiston, ils ouvrent le toit avec une télécommande et font entrer le sapin dans le magasin … ».
Pourquoi les parents se sentent toujours obligés de raconter des cracks aux gosses pendant les fêtes ? Est-ce une période propice au rêve des grands qui se matérialise en divers mensonges à raconter aux petits ? Ou tout simplement une manière d’éviter de réfléchir à la question de l’entrée du sapin de 20 mètres par la petite porte de 2,50 mètres ? Peu importe, reste que l’énigme ne sera pas résolu aujourd’hui par jeune papa au grand magasin …

Plus loin là bas, des groupes de touristes subjugués par les vitrines à l’extérieur du magasin … comme quoi avec 3 poupées, quelques piles et des paillettes scintillantes, on peut tenir une cinquantaine d’adultes en haleine pendant au moins 40 minutes … belle performance.

Cette année, on passera Noël dans le neuvième, au moins pour rire un peu …

Nausicaa Ferro.

jeudi 6 novembre 2008

Un resto italien?

Milieu de semaine. J’ai rendez-vous en zone 4, je prévois 1h30 de trajet, un recueil de nouvelles pour les 45 minutes de RER, de la monnaie pour des boissons fraiches et un bon petit déjeuner histoire de tenir jusqu’à 14h. Partons sans crainte, le bonnet sur la tête et les mitaines bien retournées sur les manches de la veste.

14h. Sortie de rendez-vous, Je dois maintenant rejoindre Nyala pour déjeuner dans « un resto italien rue Mogador, vers la fin, tu trouveras ». Très bien. Reprenons le RER, empruntons évidemment la mauvaise sortie qui nous mène à l’autre bout de la rue et marchons 10 minutes pour rejoindre le bon croisement.
J’arrive face à une devanture tout à fait désuète quand j’aperçois Nyala assise à une table, me faisant signe d’entrer dans ledit restaurant. Diable ! Je ne peux plus faire marche arrière. Entrons.
Une peinture rose saumon me donne quelques nausées mais passons. Passons également sur le carrelage beige et les serviettes pliées en forme d’oiseaux. Une carte italienne tout à fait appétissante nous est apportée par une jeune serveuse quelque peu maladroite mais n’en faisons rien … je commande des farfalles au saumon, tant qu’à faire soyons assortis au décor.

Après quelques 10 minutes d’attente, voilà qu’arrive mon assiette, que dis-je, mon plat rempli de pâtes qui sentent bon la crème fraiche, le saumon et le parmesan … tellement habituée à la faim en sortant des restaurants parisiens, je n’en reviens pas de pouvoir manger trois assiettes complètes de divines farfalles … et ce pour moins de 15€ … Mea Culpa, pardon, j’ai mal jugé un restaurant à partir de sa déco, c’est mal, et c’est surtout stupide, je ne médirai plus sur les peintures nauséeuses ni sur les ambiances kitschissimes, promis.

15h. Il va falloir se lever et continuer ma journée sans m’endormir entre les 10 arrêts de métro qui me séparent de mon prochain rendez-vous, à savoir un thé accompagné de biscuits servis chez une bonne amie me gâte trop, ça va être dur.

Nausicaa Ferro.

mercredi 5 novembre 2008

Un anniversaire à Saint-Germain

Début novembre. 18h. Rejoindre Jules à La Muette, quartier chic parisien où les gens semblent curieusement décontractés … est-ce le parc à deux pas qui les rend zen ou les appartements de 200m2 aux plafonds moulés, je ne sais, mais ici, Paris semble s’être endormi … 18h 30, nous commençons à nous activer pour être à l’heure à l’anniversaire de Flora, qui aura lieu non loin de la place de l’Odéon dans un café bon-chic-bon-genre-mais-on-se-la-pète-pas-trop-non-plus.

Jules me suggère de prendre le bus jusqu’à Saint-Germain-des-Prés, il est direct et c’est tellement reposant de traverser Paris en car … arrivés à l’arrêt rue de la Pompe le bus est là ; grand dieu que cette soirée commence bien, nous n’avons pas à attendre 21 minutes dans le froid.
20h50. nous arrivons au lieu du rendez-vous, bien sûr les premiers, vaille que vaille, prenons une coupe de champagne. Ici les flûtes sont coniques et le champagne est légèrement acre, mais on ne peut pas tout avoir, déjà qu’on est arrivés ici en moins d’une heure…

La soirée démarre, les gens arrivent trois par trois et on nous place dans un salon fournaise où la seule aération est bouchée par les sacs et autres manteaux déposés négligemment… notre serveuse va devenir dingue, on lui commande des bouteilles de vin qu’on change une fois sur table, on veut du light et puis non, pas de light et maintenant on a soif d’eau et on voudrait un gâteau … alcool, musique, vapeurs, tout semble bien aller, jusqu’au moment où l’addition fait son entrée. On donne du cash au trésorier de la soirée, mais il manque 150€ pour que la note soit au complet … des gens sont partis sans payer (normal) et on nous a noté des boissons qu’on n’a pas commandé ! Bon en mal en on arrive à tout régler sans trop d’encombres …

2h. La fatigue arrive, ça fait 5heures qu’on est là et j’ai sommeil … j’embrasse mon monde et pars à la recherche d’un taxi, introuvable bien sûr à cette heure-ci sur le boulevard saint germain … un bus s’approche, je grimpe dedans … bienvenu dans le bus de la picole. A peine entrée je sens tour à tour le vin blanc, la piquette, la vodka et l’incontournable Picon Bière… ça sent les fin de soirée ou la tournée des bars parisiens en mode tous saoulés.

3h. Enfin arrivée, je maudis les 6 étages à monter et me couche sans me déshabiller.

Nausicaa Ferro.

mardi 4 novembre 2008

Besoin d'une imprimante ?

On se dit oui, c’est tout con d’acheter une imprimante et un disque dur externe. On va au magasin d’informatique à Saint Laz’, on demande conseil et c’est bouclé … et non, pas si facile de s’équiper moderne quand on est piéton, qu’il pleut dehors et qu’on ne connaît rien aux processeurs en tout genre …

Démonstration : J’arrive au dit-magasin et demande conseil auprès d’un vendeur pour acquérir une imprimante noir et blanc … le vendeur est disponible, répond à mes interrogations en moins de 10 minutes tout à l’air de rouler. J’ai maintenant besoin de conseils pour l’achat d’un disque dur externe. Ça se corse, les conseillers aptes à me répondre sont assaillis par une dizaine de dames et messieurs tous plus vilains les uns que les autres… au bout de 20 minutes, mon tour arrive, et c’est surprise que je me vois conseiller un disque dur en promo, sans que monsieur du magasin ne se lève de sa chaise pour me montrer le modèle exact à prendre … allons faire la queue aux caisses.

Il fallait le prévoir, c’est justement le jour ou j’achète 10 kilos de matos qu’il y a une rupture de stock de sacs en plastique … restons calme. Dehors, il pleut, je descends dans la première bouche de métro, encombrée par les gros cartons et bien sûr, tout le monde souffle à mon arrivée dans le wagon parce que les gens qui transportent les trucs lourds et encombrants n’ont qu’à pas prendre le métro ; je les excuse je fais pareil quand ça n’est pas moi qui souffre de porter 15 kilos de plastique…

Arrivée à la maison, il est temps de faire les branchements … mettons le Cd-rom dans l’ordi et prions pour que tout soit fait automatiquement.

Nausicaa Ferro.

lundi 3 novembre 2008

Une journée sous la pluie ?

Jour férié. Dehors, il pleut mais il ne fait pas que pleuvoir, ça serait trop facile … dehors la pluie est glacée, elle gèle les joues, les mains, et le froid passe à travers les mailles du jean … un automne comme les autres à Paris …

Deux solutions s’offrent à moi :

- Enfiler deux t-shirt, un pull, un gilet et une mini doudoune, chercher une paire de chaussures imperméables (mais qui a ça chez lui ?), une paire de chaussettes propre (fin de semaine, on devait aller à la laverie hier mais bon … on remplace les chaussettes par des collants et les collants par des mi bas), et surtout, un parapluie ; parce que on l’oublie souvent, du moins les jours de pluie, mais disposer d’un parapluie peut clairement métamorphoser une journée pluvieuse ; dans un cas on est bien, les cheveux soyeux et la mine sympathique, dans l’autre, on crispe le visage pour éviter de boire l’eau de pluie toxique, on cours pour se donner l’illusion que comme ça, on sera moins mouillé, et on peste toute la journée contre la pluie, les gens en parapluie et les voitures qui nous éclaboussent alors que leurs conducteurs sont au chaud. Une fois habillée, rejoindre Mila à la terrasse du bar « le chient dormant » (oui les fumeurs persistent à se geler en terrasse !), parler de Paul jusqu’à ce que la nuit tombe, et se faire un Jap’ pour se dire qu’on a fait quelque chose de notre journée.

Ou

- Se faire une marmite de café chaud, des tartines de beurre/confiture, regarder desperate housewives en restant en jogging ; à l’heure du déjeuner, s’improviser une salade tomate/feta et se convaincre qu’on ne finira pas le dessert qui nous lorgne dans le frigo ; peut-être se remater Lost in translation parce que oui, on aime le calme et la volupté d’un Japon Coppolaté… dormir, parce qu’on est fatigué de s’être concentré sur nos séries télévisées… puis, dans un élan de motivation, aller chez l’épicier s’offrir des yaourts et des gâteaux sablés pour finir la journée en beauté …

Dilemme dilemme …

Nausicaa Ferro.