Minuit vingt-quatre. Onze minutes d’attente pour le prochain métro. Il ne sera pas à Auber à temps pour le dernier RER A. Je le savais qu’il fallait décoller à minuit et pas à minuit dix. Misère. Tout ça pour finir le jeu du post-it, et maintenant le petit cousin ne sait pas comment rentrer.
Le taxi jusqu’à Neuilly Plaisance ça va faire cher.
Essayons.
Minuit quarante-trois à Auber, on court, on saute, on sue, mais on arrive trop tard.
Le dernier RER est passé à minuit quarante-deux.
Minuit quarante-deux. L’heure à laquelle le trafic s’arrête en direction de Marne la Vallée. Minuit quarante-deux, juste après le deuxième film des chaines hertziennes, juste avant les rediffusions des séries B françaises des années quatre-vingt-dix sur le câble.
Minuit quarante-deux. L’heure à laquelle ailleurs, on se prépare à monter dans la voiture de sport pour aller crâner sur le dance floor.
Minuit quarante-deux. L’heure à laquelle un groupe de cinq jeunes cons est coincé à Opéra, en se demandant quelle serait la meilleure solution pour celui qui vient de louper son RER.
Dormir chez les potes, et aller en cours demain les mains dans les poches, sans feuille, sans stylo, avec une gueule de bois et une haleine pas très fraiche.
Vive les transports en commun vous dis-je !
Nausicaa Ferro.
