19h. métro La Fourche. Je passe le tourniquet, ce cher ami qui quand il se bloque nous brise les hanches, et me dirige vers le quai pour attraper mon métro, trois minutes d’attente. C’est alors qu’un individu de sexe masculin me coupe la route sèchement, et lorsque dans un soupir, je lui fais savoir mon mécontentement, voilà qu’il se met à hurler dans toute la station « connaasse », accent parigot bien appuyé et glavios quasi crachés.
Ne pas répondre, ne pas se retourner, on ne sait jamais sur qui on peut tomber ….
Je descends tant bien que mal les escaliers pour accéder au quai, quand j’entends derrière moi « connaasse ! » suivi d’un poétique « gros cuuul ».
Ne pas se retourner, atteindre le bout du quai et feindre l’indifférence. Arrivée à bon port, je décide de tourner la tête à gauche pour scruter mon agresseur poète et lui lancer un regard condescendant au possible, il faut tout de même qu’il sache à qui il a à faire non ?
Une rotation de 30 degrés sur la gauche me permet d’apercevoir ce petit homme tenant dans ses petites mains des planches de bois achetées au magasin de bricolage. C’est typiquement dans ce genre de moments qu’on se dit « heureusement que je n’ai rien tenté, qui sait ce qu’il aurait pu faire avec ses maudites étagères de fortune ».
Le wagon arrive. Il est bondé. Eviter la tourmente, et attendre le prochain.
Nausicaa Ferro.
