vendredi 8 juin 2018

Dansez vous dis-je



Ça commence alors que j’écoute un concert de flamenco dans une petite salle, quelque part en Espagne. Ça chante, ça danse, ça tape du pied. Plus vite, plus fort, encore plus vite, encore plus fort. Devant les musiciens, les danseurs, les regarder devient hypnotique. Comme si être vivant devait s’entendre, se sentir. Alors on tape du pied plus fort encore, comme pour dire je suis là, vivant, je le crie, je le danse, je le joue. Du bruit, de la sueur, des talons qui claquent. Des talons qui entraînent avec eux les talons du public. Minute après minute, les yeux de ceux qui sont hors de la scène grandissent, on regarde de moins en moins si sur la table le verre est vide ou s’il reste des cacahuètes dans la coupelle, on regarde la vie, là, maintenant. La vie qui fait du bruit, le bruit qui résonne dans le corps, le corps qui veut se lever, danser, oui, dansez, sinon, comme disait Pina, nous sommes perdus.